Qu’est-ce que la dissociation traumatique ?
La dissociation traumatique est un mécanisme de protection psychique, par lequel l’esprit se « coupe » d’une expérience vécue comme insupportable, afin de protéger sa santé.
En effet, un peu comme un compteur électrique qui subirait une surtension, le cerveau « disjoncte » lors d’un stress trop important. C’est un moyen de protéger d’autres organes clefs (cœur, vaisseaux, cerveau…) et d’éviter la rupture. C’est paradoxal, puisque c’est justement la rupture de communication entre certaines aires cérébrales sous-corticales (amygdales et hippocampes) qui provoque une sensation de perte de cohérence et d’unité entre les sensations (motrice, émotionnelle, sensorielle…) et perceptions (sentiment, temps, mouvement, identité…) de la victime d’un traumatisme. C’est ce qu’on observe dans la sidération traumatique (ou syndrome de l’opposum : https://www.youtube.com/watch?v=YC_WgxJQ1DE ) avec une personne figée, « gelée » qui ne s’oppose pas à l’agresseur. D’ailleurs, la loi a évolué récemment pour préciser que « le consentement ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction de la victime » et définitivement reconnaître la sidération traumatique comme une réaction identifiée de la victime, ne laissant pas la place au doute sur l’absence de consentement.
Manifestations chez les victimes
Au cœur des violences sexuelles, elle concerne fréquemment les victimes, chez qui elle peut se manifester par :
une anesthésie émotionnelle,
une inhibition psychomotrice,
des comportements automatiques inadaptés,
des altérations de la mémoire,
un sentiment d’irréalité…
Ces mécanismes compliquent le repérage clinique et la reconnaissance judiciaire comme la conséquence des violences subies.
Enjeux concernant les auteurs de violences sexuelles
Cependant, la dissociation traumatique interroge le fonctionnement psychique de certains agresseurs sexuels, notamment à travers :
- les questions de discernement,
- le recours au clivage au cours des violences (subies et/ou agies),
- et l’histoire traumatique personnelle éventuellement réactivée à la faveur des violences.
Une journée hybride grand public gratuite, organisée par l'équipe du CRIAVS-LR pour explorer les multiples visages de la dissociation traumatique
Quand a eu lieu cette journée ?
Le jeudi 4 juin 2026, de 9 h à 17 h.
Où s'est-elle déroulée ?
A l'amphithéâtre Lapeyronie au CHU de Montpellier et en visioconférence via Teams.
Retour sur cette journée en vidéo (cliquez sur les titres des interventions soulignées en bleu ci-dessous pour visualiser les vidéos) :
Le programme du matin
Docteur Edith DURET, psychiatre au Centre Régional du Psychotraumatisme Occitanie, Antenne Montpellier, Urgences Psychiatriques, à l’Hôpital Lapeyronie du CHU de Montpellier
La dissociation : aspects théoriques, réalités cliniques et liens avec les expériences traumatiques.
Docteur Laurent LAYET, psychiatre, expert près de la cour d'appel, expert agréé, Nîmes
Maître Iris CHRISTOL, ancien vice-bâtonnier, avocate au barreau de Montpellier
La Justice face à la dissociation : comment est-elle judiciairement prise en compte ?
Le programme de l’après-midi
Docteur Hélène DENIS, pédopsychiatre référente, MPEA 2 Peyre Plantade, CHU de Montpellier
Dissociation traumatique et conduites à risque chez les adolescents exposés aux violences sexuelles
Docteur Anna-Laura RASSU, neurologue dans le Service des Troubles du Sommeil du CHU de Nîmes
Docteur Samuel LEMITRE, docteur en psychologie, psychologue clinicien, centre EIDO à Montpellier


